Le CAC 40 a terminé la semaine du 2 au 6 novembre 2026 à 8 139 points, en hausse de +2,13% sur la période, quand le S&P 500 cédait -2,68% à 7 376,86 points et le Nasdaq Composite -3,37% à 24 579,42 points. L'écart de performance entre Paris et New York s'explique en partie par la composition sectorielle : le baril de Brent a perdu -16,9% sur la semaine à 97,76 dollars, un choc qui pénalise les indices américains lourdement pondérés en énergie et en technologie, alors que le CAC 40 a été porté par la banque et le luxe. En Asie, la dispersion a été extrême : le Hang Seng a gagné +5,27% à 24 522,95 points et le Nifty 50 indien +6,44% à 24 536,6 points, tandis que le TAIEX taïwanais s'effondrait de -14,82% à 38 513,33 points et le KOSPI coréen de -12,94% à 4 988,98 points. Le rendement du Trésor américain à 10 ans s'est détendu de -8 points de base sur la semaine, à 4,86%, malgré un contexte politique qui aurait pu plaider pour l'inverse.
La fenêtre de l'événement : un résultat électoral, deux lectures
| Indice | Clôture 30/10 | Clôture 06/11 | Variation hebdomadaire |
|---|---|---|---|
| S&P 500 | 7 580,07 | 7 376,86 | -2,68% |
| Nasdaq Composite | 25 437 | 24 579,42 | -3,37% |
| Dow Jones Industrial Average | 51 770,31 | 51 285,73 | -0,94% |
| Russell 2000 | 2 811,84 | 2 754,11 | -2,05% |
| CAC 40 | 7 969,42 | 8 139 | +2,13% |
| DAX | 25 818,21 | 25 820,36 | +0,01% |
| Nikkei 225 | 63 290,11 | 57 329,13 | -9,42% |
| Hang Seng | 23 294,42 | 24 522,95 | +5,27% |
| TAIEX | 45 211,83 | 38 513,33 | -14,82% |
Le 3 novembre 2026, les démocrates ont remporté simultanément le Sénat et la Chambre des représentants. Donald Trump a accepté le résultat et déclaré sa volonté de coopérer avec l'opposition. Le lendemain, 4 novembre, les trois grands indices américains ont bondi : Dow Jones +3,03%, S&P 500 +1,58%, Nasdaq Composite +1,44%. Les marchés ont lu un gouvernement divisé comme un facteur de blocage législatif, donc de statu quo réglementaire et fiscal — une grille de lecture classique, mais qui s'est retournée en quarante-huit heures.
La chaîne de transmission vers les secteurs s'est déroulée en deux temps. D'abord, le 4 novembre, la perspective d'une inflexion des politiques énergétique et sanitaire portée par les démocrates a soutenu les valeurs des énergies renouvelables et de l'assurance-maladie. Ensuite, l'élection du gouverneur du Texas a modifié les anticipations sur l'expansion des centres de données dans l'État : les valeurs exposées à cette thématique ont reculé, sur fond de crainte d'un durcissement de la régulation des coûts électriques liés aux data centers. Le 5 novembre, le pétrole a chuté en séance et le secteur de l'énergie est devenu le principal perdant de l'après-élection, la baisse du brut se combinant à l'anticipation d'un possible cessez-le-feu au Moyen-Orient. Sur la semaine, le Brent abandonne -16,9% et le WTI -13,23%.
Ce que nous ne savons pas : si la détente sur le brut relève d'une prime géopolitique qui se dégonfle durablement ou d'un mouvement de positions technique sur un marché de l'énergie déjà survendu avant le scrutin. La réponse conditionne la trajectoire des indices européens autant que celle du S&P 500.
Paris en tête des grands marchés développés
Le CAC 40 gagne +2,13% sur la semaine, à 8 139 points, contre +0,01% pour le DAX à 25 820,36 points et +0,64% pour l'Euro Stoxx 50 à 6 170,49 points. La breadth interne confirme la solidité de la cote parisienne : sur 38 valeurs de notre couverture supérieures à 3 milliards de dollars, 73,7% ont progressé, avec une médiane de +2,44%. L'IBEX 35 espagnol fait encore mieux, à +3,84% à 19 369,5 points, tandis que le FTSE 100 londonien cède -0,52% à 10 673,94 points, plombé par son exposition aux majors pétrolières — BP perd -11,63% sur la semaine pour une capitalisation de 116,6 milliards de dollars.
La composition du CAC 40 a joué à plein. BNP Paribas progresse de +7,16% à 108,2 milliards de dollars de capitalisation, portée par la détente des taux longs et par la perspective d'un cycle de crédit moins contraint. Le luxe suit : LVMH +6,24% à 218,6 milliards de dollars, Kering +6,13% à 29,4 milliards, Hermès +6,11% à 155,6 milliards. Orange signe la meilleure performance de l'indice avec +11,79% à 42 milliards de dollars, un mouvement que rien dans notre relevé d'événements ne vient expliquer — nous le signalons sans l'attribuer.
Les perdants parisiens racontent une autre histoire. Alstom s'effondre de -29,6% à 6,3 milliards de dollars, la plus forte baisse de notre couverture européenne, sans qu'aucun élément de notre journal d'événements ne permette d'en identifier le déclencheur. Legrand cède -5,63% à 39,4 milliards, Thales -3,99% à 54,3 milliards et TotalEnergies -2,66% à 197,3 milliards, cohérent avec la chute du brut. Dassault Aviation recule de -1,69% à 26,4 milliards. Sur l'ensemble de la zone euro, 61,4% des 220 valeurs de notre couverture ont progressé, médiane +1,13%.
États-Unis : le rallye post-électoral effacé par la technologie
Le S&P 500 termine la semaine à 7 376,86 points, en baisse de -2,68%, et le Nasdaq Composite à 24 579,42 points, -3,37%. Le Dow Jones, moins exposé à la technologie, limite la casse à -0,94% à 51 285,73 points, et le Russell 2000 cède -2,05% à 2 754,11 points. La breadth américaine est étonnamment équilibrée pour une semaine de baisse de cette ampleur : sur 327 valeurs de notre couverture, 50,5% ont progressé, avec une médiane de +0,07%. Autrement dit, la correction est concentrée, pas généralisée.
Les statistiques publiées le 4 novembre n'ont pas pesé sur le sentiment. L'ISM services d'octobre est ressorti à 54,5, contre 54,7 attendu et 54,9 en septembre ; le PMI composite S&P Global s'est établi à 55,9, contre 58,4 précédemment ; l'enquête ADP a recensé +86 000 créations de postes dans le privé, contre +70 000 attendus. La dynamique de croissance s'essouffle à la marge, mais l'emploi tient, et ces chiffres n'ont pas inversé le regain d'appétit pour le risque consécutif au scrutin.
Le secteur de l'énergie a été le grand perdant de la séquence. La chute du brut, conjuguée à l'anticipation d'un apaisement au Moyen-Orient, a maintenu les valeurs pétrolières sous leur moyenne de marché tout au long de la semaine. Mais le vrai moteur baissier est ailleurs : la technologie et les équipements liés aux infrastructures numériques. Dell Technologies perd -22,57% à 209 milliards de dollars, Micron -22,01% à 780,3 milliards, AMD -19,89% à 223,6 milliards, Vertiv -21,35% à 89,5 milliards et Ciena -24,11% à 45,5 milliards. La lecture dominante : la perspective d'un durcissement de la régulation des coûts électriques des centres de données, dans le sillage du résultat texan, pèse sur toute la chaîne des équipements.
À l'inverse, IDEXX Laboratories bondit de +22,65% à 43,5 milliards de dollars, Duolingo de +21,91% à 6,5 milliards et Mosaic de +21,59% à 5,9 milliards. Tapestry gagne +14,2% à 23,1 milliards et Clorox +13,59% à 10,6 milliards. La surperformance des valeurs domestiques et défensives est cohérente avec la lecture d'un gouvernement divisé : moins de risque réglementaire sur les secteurs protégés, plus de visibilité sur les flux de trésorerie stables.
Asie : deux blocs, deux mondes
La Chine continentale progresse sur l'ensemble de ses indices. Le SSE Composite gagne +0,82% à 3 628,44 points, le SZSE Component +3,26% à 11 186,88 points, le ChiNext +2,14% à 2 465,23 points et le CSI 300 +3,21% à 4 113,41 points. La breadth est spectaculaire : sur 183 valeurs chinoises de notre couverture, 80,9% ont progressé, médiane +3,91%. Sungrow s'adjuge +25,55% à 26,1 milliards de dollars, Roborock +24,63% à 4,8 milliards, China Southern Power Grid Technology +22,1% à 3,9 milliards, Neway Valve +20,44% à 4,3 milliards, NAURA +16,97% à 67,9 milliards et GreatStar Industrial +16,13% à 4,9 milliards. Le rendement du 10 ans chinois s'établit à 1,59%, en baisse de -1 point de base sur la journée et de -11 points sur le mois.
Hong Kong suit, avec un Hang Seng à +5,27% à 24 522,95 points et un Hang Seng China Enterprises à +5,42% à 8 288,52 points. Chow Tai Fook gagne +8,36% à 14,4 milliards de dollars, Techtronic Industries +6,75% à 30,2 milliards et WH Group +3,77% à 10,5 milliards. L'Inde s'envole : le Nifty 50 prend +6,44% à 24 536,6 points, et la roupie se renforce de -1,32% face au dollar, à 93,895 pour un billet vert.
Le contraste avec le nord de l'Asie est saisissant. Le Nikkei 225 perd -9,42% à 57 329,13 points, avec seulement 20,7% de valeurs en hausse sur 92 titres de notre couverture et une médiane de -6,44%. SCREEN Holdings plonge de -31,99% à 13,4 milliards de dollars, Murata de -23,66% à 78,8 milliards, MARUWA de -23,06% à 3,9 milliards, Tokyo Ohka Kogyo de -20,38% à 6,4 milliards, Resonac de -19,81% à 18,3 milliards et Advantest de -19,54% à 161,8 milliards. Les valeurs domestiques résistent : Toyota +10,46% à 254,6 milliards, Nippon Paint +7,6% à 19 milliards, Sony +6,72% à 157,6 milliards, Honda +5,36% à 44,1 milliards. Le yen s'affaiblit de +0,39% à 158,425 pour un dollar.
Taïwan décroche de -14,82% à 38 513,33 points, avec 16,7% de hausse seulement sur 6 valeurs de notre couverture et une médiane de -8,55%. Chroma ATE chute de -31,34% à 25,5 milliards de dollars, YAGEO de -25,5% à 35,7 milliards, Delta Electronics de -20,97% à 133 milliards, Hon Hai de -8,55% à 112,8 milliards et Catcher Technology de -4,92% à 3,1 milliards. La Corée du Sud subit la même lame : KOSPI -12,94% à 4 988,98 points, won en baisse de +1,92% face au dollar à 1 363,65. Wistron -12,81% à 19,8 milliards, Pegatron -9,37% à 8,4 milliards, Quanta Computer -8,65% à 39,7 milliards, Lenovo -8,54% à 45,3 milliards et Chaozhou Three-Circle -8% à 27,8 milliards. La chaîne d'approvisionnement électronique asiatique a payé le prix de la correction américaine sur les équipements de centres de données.
Matières premières, devises et taux
Le mouvement le plus violent de la semaine est pétrolier. Le Brent abandonne -16,9% à 97,76 dollars le baril et le WTI -13,23% à 90,34 dollars. Le gaz naturel résiste, à +3,62% à 3 dollars le million de BTU, et le charbon gagne +3,54% à 152,3 dollars la tonne. Les métaux précieux servent de refuge : l'or prend +4,63% à 4 079,5 dollars l'once, l'argent +5,84% à 51,97 dollars et le platine +6,88% à 1 537 dollars. Les métaux industriels reculent en revanche, cohérents avec l'idée d'un ralentissement de la demande d'infrastructures : cuivre -3,07% à 6,26 dollars la livre, aluminium -3,34% à 3 200 dollars, zinc -5,05% à 3 818 dollars la tonne. Le potasse cède -2,72% à 357,5 dollars la tonne, le maïs -1,23% à 442,25 cents le boisseau, le blé -2,15% à 590,5 cents et le soja -2,27% à 1 194,5 cents. L'uranium reste inchangé à 91,55 dollars la livre.
Sur le front des devises, le dollar s'apprécie face au réal brésilien (+2,06% à 5,4959) et au won coréen (+1,92% à 1 363,65), mais recule face à la roupie indienne (-1,32% à 93,895). Le yuan est quasi stable (+0,06% à 6,6648), le dollar de Hong Kong également (-0,08% à 7,8396) et le dollar taïwanais s'apprécie de +0,61% à 32,765.
Le rendement du Trésor américain à 10 ans s'établit à 4,86%, en baisse de -8 points de base sur la semaine. Le 2 ans recule de -5 points à 4,51%, le 5 ans de -7 points à 4,64% et le 30 ans de -5 points à 5,26%. L'écart 10 ans-2 ans ressort à 35 points de base. Cette détente des taux longs, dans une semaine où l'indice large perd -2,68%, alimente l'histoire de valorisation : la baisse des taux devrait mécaniquement soutenir les multiples, et pourtant les valeurs de croissance ont décroché. Le marché a donc privilégié le risque sectoriel — la régulation des data centers — sur le soutien du taux d'actualisation. À l'étranger, le 10 ans britannique s'affiche à 5,16% au 6 novembre (jour +1 point, mois -28 points, an +69 points) ; le 10 ans allemand à 3,47% au 30 septembre (jour +1 point, mois -23 points, an +59 points) ; le 10 ans japonais à 2,82% au 30 octobre. Ces variations sont datées et ne sont pas comparables à une variation hebdomadaire.
Ce que nous surveillons : conditions et bornes, sans objectifs
Trois conditions détermineront la trajectoire des prochaines séances. Premièrement, la persistance ou non de la détente sur le brut : un Brent qui se stabilise sous les 100 dollars maintient la pression sur les valeurs énergétiques européennes et américaines, un retour au-dessus changerait la donne pour TotalEnergies et pour l'ensemble du secteur. Deuxièmement, la confirmation ou l'infirmation de la lecture réglementaire texane : si les marchés continuent de pricing un durcissement des coûts électriques des centres de données, la pression sur Vertiv, Dell et la chaîne taïwanaise persistera ; un démenti politique la relâcherait. Troisièmement, la breadth américaine : à 50,5% de valeurs en hausse avec une médiane de +0,07%, le marché n'est pas en mode liquidation généralisée, et une stabilisation de la technologie suffirait à retourner l'indice large.
Sur le plan des bornes techniques, le S&P 500 évolue entre 7 376,86 points (clôture de vendredi) et 7 580,07 points (clôture du 30 octobre), soit une amplitude hebdomadaire de -2,68%. Le CAC 40 s'inscrit entre 7 969,42 et 8 139 points. Le Nikkei 225, à 57 329,13 points, a perdu -9,42% et se situe à 5 961 points sous sa clôture du 30 octobre (63 290,11 points) : c'est le marché développé où le risque de rebond technique comme de poursuite de la correction est le plus élevé. Le TAIEX, à 38 513,33 points contre 45 211,83 points une semaine plus tôt, concentre l'essentiel du choc de la chaîne d'approvisionnement électronique.
Nous ne formulons pas d'objectif de cours. Les conditions ci-dessus sont des critères d'invalidation, pas des prévisions : si le Brent repasse au-dessus de 100 dollars et que la breadth américaine tombe sous 40% de valeurs en hausse, la lecture « correction concentrée » sera invalidée. Si le rendement du 10 ans américain continue de se détendre sous 4,86% tout en maintenant la breadth au-dessus de 50%, la thèse d'un simple rééquilibrage sectoriel sera confirmée.
Annexe statistique
| Indicateur | Valeur | Variation | Période |
|---|---|---|---|
| ISM services (US, octobre) | 54,5 | vs 54,7 attendu, 54,9 en septembre | publié le 04/11 |
| PMI composite S&P Global (US) | 55,9 | vs 58,4 précédent | publié le 04/11 |
| ADP emploi privé (US) | +86 000 | vs +70 000 attendu | publié le 04/11 |
| Brent (USD/bbl) | 97,76 | -16,9% | hebdomadaire |
| WTI (USD/bbl) | 90,34 | -13,23% | hebdomadaire |
| Or (USD/oz) | 4 079,5 | +4,63% | hebdomadaire |
| Cuivre (USD/lb) | 6,26 | -3,07% | hebdomadaire |
| US 10Y | 4,86% | -8 pb | hebdomadaire |
| US 2Y | 4,51% | -5 pb | hebdomadaire |
| Spread 10Y-2Y | 35 pb | — | 06/11 |
| GB 10Y | 5,16% | jour +1 pb, mois -28 pb, an +69 pb | 06/11 |
| DE 10Y | 3,47% | jour +1 pb, mois -23 pb, an +59 pb | 30/09 |
| CN 10Y | 1,59% | jour -1 pb, mois -11 pb, an -18 pb | 06/11 |
| USD/JPY | 158,425 | +0,39% | hebdomadaire |
| USD/KRW | 1 363,65 | +1,92% | hebdomadaire |
| USD/INR | 93,895 | -1,32% | hebdomadaire |
| Breadth US (n=327) | 50,5% hausse | médiane +0,07% | hebdomadaire |
| Breadth CN (n=183) | 80,9% hausse | médiane +3,91% | hebdomadaire |
| Breadth JP (n=92) | 20,7% hausse | médiane -6,44% | hebdomadaire |
Cette chronique est un document de recherche destiné à un usage informatif. Elle ne constitue ni une recommandation d'investissement, ni une offre, ni une sollicitation d'achat ou de vente de quelque instrument financier que ce soit. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les données de marché citées sont celles disponibles à la clôture du 6 novembre 2026 et peuvent faire l'objet de révisions.
